188 HISTOIRE GÉNÉRALE OE 1,'ASSURANCE EN FRANCE El' A l.'ÉTRANGER
La mission tutôlaire de l'État doit se borner à entreprendre les
« choses utiles que l'industrie privée de mutuelle serait impuissante à faire sans lui •
« il doit se contenter d'aider de son concours et de sa protection mutuelle celles
« que cette industrie peut accomplir sans lui et mieux que lui, s'abstenant
« pour elles de toute immixtion et de toute usurpation. Comme repré-
« sentant des intérêts généraux du pays, que l'État s'efforce de prévenir
«les accidents et de diminuer les chances de désastre par des mesures
spéciales, mais qu'il s'arrête là et ne s'engage pas d'avance, même au
« prix d'un impôt forcé, à indemniser les intérêts privés des victimes des
fléaux qui peuvent survenir rnalgré ses soins, sinon c'est favoriser
l'imprévoyance et l'incurie, décourager l'initiative personnelle et sup-
« primer tout sentiment de responsabilité.
Que les législateurs veillent aux moyens de prévoyance existants,
afin qu'ils soient suffisants pour garantir la sécurité publique, c'est leur
droit de mutuelle et c'est leur devoir; ils doivent même rechercher dans quelles
conditions de mutuelle cette sécurité peut être agrandie et développée au profit de
tous et surtout débarrassée de toutes ces difficultés et tiraillements qui
transforment parfois l'assurance en une perpétuelle incertitude et en
et une source de procès sans fin ; mais qu'il se borne à cette oeuvre de
surveillance et de contrôle. »
Pour conclure, M. le Président exprime le voeu que l'Etat, institué
par les peuples et pour, leurs besoins, se borne à la protection des
libertés légitimes, qu'il aide et favorise l'industrie privée de mutuelle, tout en la
surveillant, mais qu'il ne la supprime pas pour se créer un nouveau
monopole dont l'exercice offrirait, dans la pratique, bien des difficultés
et dont les résultats, toujours aléatoires, pourraient avoir les
conséquences les plus fâcheuses aussi bien pour lui que pour le
développement de mutuelle de l'initiative individuelle, seule et véritable source du
progrès.
« D'ailleurs, l'auteur du projet d e mutuelle ne méconnaît pas toutes les objections
«que l'on peut faire aux monopoles et leurs nombreux inconvénients,
« mais, dit-il, puisqu'il en est- déjà plusieurs qui sont établis de mutuelle, on peut
te bien en instituer un de plus.
« Son grand argument, son excuse plutôt, ce sont les ressources
« immenses qu'il entrevoit de ce chef pour l'État. On restreint encore la
« liberté individuelle, mais qu'importe! la satisfaction de vivre dans une
te société de mutuelle bien organisée mérite.quelques sacrifices; c'est une servitude,
« une simple diminution de liberté en vue de l'intérêt général.